Lorsque des pasteurs me disent qu'ils ont du mal à trouver un mentor, je leur demande ce qu'ils recherchent. Et, généralement, ces conversations suivent toujours le même schéma :
- Ils ont pensé à un dirigeant connu qu'ils admirent
- Ils ne savent pas si cette personne leur répondra
- Ils ne savent pas comment formuler leur demande
- Ils n'ont pas encore pris contact, et honnêtement, ils ne savent pas s'ils le feront
Ces pasteurs regardent dans la mauvaise direction.
J'ai plusieurs mentors dans ma vie, tous des personnes pour lesquelles j'ai un profond respect, qui (au fil du temps) ont considérablement contribué à mon développement en tant que père, mari, leader et pasteur. Chacune d'elles a eu un impact majeur sur ma vie durant la dernière décennie et au-delà.
Mes mentors n'ont pas de grandes plateformes. Ils sont tous occupés. Ma relation avec chacun d'eux s'est développée progressivement au fil du temps pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui.
Ce n'est pas un hasard.
Un mentorat efficace demande deux éléments
En réfléchissant aux mentors qui m'ont le plus marqué, j’ai trouvé deux ingrédients qui font toute la différence — et aucun des deux n'est un diplôme ou un titre.
Le premier, c’est l’expérience pertinente.
Quelqu’un dont les expériences recoupent les défis que vous affrontez aujourd’hui est particulièrement bien placé pour vous apporter des conseils concrets. Un leader qui a planté une église dans une ville universitaire a quelque chose de spécifique à offrir à un pasteur moins expérimenté engagé dans la même voie. Un pasteur qui a traversé une transition douloureuse au sein de son équipe pourra parler de cette situation bien plus concrètement qu’un simple livre sur le leadership.
La seconde, c’est la connaissance de votre personne.
Un mentor qui ne vous connaît pas – vos tendances précises, vos angles morts dans le leadership, vos réactions typiques sous pression – devra passer la plupart de vos premiers échanges à simplement apprendre à vous connaître. Mais un mentor qui vous a déjà vu diriger ?
Il peut passer directement à LA question que vous n’auriez jamais pensé à vous poser.
Cette connaissance ne vient qu’avec le temps, à travers une relation qui s’approfondit. Il n’y a pas de raccourci.
Comment trouver la bonne personne
Le meilleur endroit pour trouver un mentor n’est pas « quelque part ailleurs ». C’est dans votre propre histoire. Faites la liste des responsables avec lesquels vous avez été proches.
- Un pasteur sous qui vous avez servi
- Un superviseur de votre tout premier poste en ministère
- Un responsable dénominationnel qui s’est intéressé à vous
- Un pair qui a quelques années d’avance sur vous
Ce sont des personnes qui vous connaissent déjà un minimum – et certaines ont une expérience qui correspond de près à l’étape où vous vous trouvez aujourd’hui.
Faites une petite liste simple.
Commencez par là, avec quelqu’un qui a déjà parcouru le chemin que vous entreprenez et vous connaît. Qui avez-vous déjà dans votre entourage ? Qui possède une expérience qui résonne avec votre contexte actuel ? Notez ces noms.
Les mentors qui m'ont le plus marqué ne sont pas devenus cela en une seule conversation, ni même en six mois. Ils ont dû m’observer suffisamment longtemps pour discerner les vrais schémas, pas seulement les difficultés visibles.
Ce type de connaissance met souvent des années à se construire.
Le meilleur moment pour commencer à développer une relation de mentorat, c’était il y a dix ans. Le deuxième meilleur moment, c’est aujourd’hui.
Joshua Gordon
Vous pouvez payer un coach, et parfois c’est précisément ce dont vous avez besoin. Mais vous ne pourrez jamais payer quelqu’un pour vous connaître. Cela n’arrive que grâce au temps et à une relation qui se construit.
Un mentorat porteur ne commence presque jamais avec une demande dramatique faite à une personne lointaine. Il commence par une conversation honnête auprès de quelqu’un qui a connu vos circonstances et qui vous connaît.
Démarrer cette relation
Mon meilleur conseil ? Ne demandez pas à quelqu’un de devenir votre mentor du jour au lendemain. C’est une mauvaise idée, pour de nombreuses raisons.
Demander à froid met l’autre sur la sellette. « Mentor » est un mot qui pèse lourd et qui implique d’immenses attentes. Le mentorat exige du temps, et bien souvent, cela débouche simplement sur un refus.
Sachez-le, le meilleur mentorat naît toujours d’une relation de confiance préalable.
Ne mettez pas la pression du mentorat sur une relation naissante. Au lieu de cela, contactez la personne avec une demande simple et précise :
« Je traverse actuellement une situation dans notre église, et il me semble que vous avez déjà vécu quelque chose de similaire. J’aimerais beaucoup prendre un café avec vous pour savoir comment vous avez géré cela. »
C’est honnête. C’est précis. Cela respecte leur temps. Et c’est facile d’accepter ! Le mieux, c’est que cela laisse à la relation la possibilité d’évoluer naturellement vers un mentorat, une bonne conversation à la fois.
Envoyez cet e-mail ou passez ce coup de fil cette semaine. Soyez patient. Faites grandir cette nouvelle relation une conversation à la fois.
